Expatriation pratique

Acheter de l'immobilier en Belgique

Acheter sa résidence principale coûte 2 % de droits en Flandre et 3 % en Wallonie depuis 2025, contre 12 à 12,5 % pour tout autre achat. L'écart entre un premier achat et un investissement locatif n'a jamais été aussi large.

16 min de lectureJuin 2026Chiffres 2026

Le même appartement coûte 35 000 € de plus si ce n'est pas votre résidence principale

Sur un appartement à 350 000 € en Wallonie, les droits d'enregistrement passent de 10 500 € au taux réduit de 3 % à 43 750 € au taux plein de 12,5 %. Ajoutez 2 à 3 % d'honoraires et de frais divers dans les deux cas.

Un premier achat destiné à l'habitation revient donc à environ 5 à 6 % de frais, un investissement locatif à 15 %. C'est cette distinction, et non un taux national unique, qu'il faut porter dans votre plan de financement.

Les droits d'enregistrement

Le poste le plus lourd est le droit d'enregistrement, prélevé sur le prix de vente d'un bien existant (ancien) :

RégionTaux de baseHabitation propre et uniqueAvantage complémentaire
Flandre12 %2 % depuis le 1er janvier 2025Réduction de 1 867 € si le prix ne dépasse pas 220 000 €, ou 240 000 € en zone tendue
Wallonie12,5 %3 % depuis le 1er janvier 2025Abattement sur la première tranche de 20 000 €, soit 2 500 € économisés
Bruxelles-Capitale12,5 %12,5 %, mais abattement de 200 000 €Jusqu'à 25 000 € d'économie, plus 25 000 € d'abattement par saut de deux classes énergétiques

Trois réformes en deux ans, et un écart qui se creuse

La Flandre est passée de 3 % à 2 % au 1er janvier 2025 pour l'habitation propre et unique, en supprimant au passage le taux de 1 % réservé aux biens à rénover énergétiquement.

La Wallonie a ramené le sien de 6 % à 3 % à la même date, pour l'habitation destinée à devenir la résidence principale.

Bruxelles n'a pas touché au taux de 12,5 % et a préféré élargir l'abattement, porté de 175 000 € à 200 000 €, avec un plafond de prix relevé de 500 000 € à 600 000 €.

À Bruxelles, l'abattement se perd sur des conditions de calendrier

  • Vous ne devez posséder aucun autre logement en pleine propriété, en Belgique ou à l'étranger, au moment du compromis
  • Le prix d'achat ne doit pas dépasser 600 000 €
  • Vous devez vous domicilier dans le bien dans les 3 ans, contre 2 ans auparavant
  • Vous devez y rester 5 ans, mais un départ anticipé ne coûte plus la totalité de l'abattement : le remboursement est désormais calculé au prorata

Les honoraires du notaire

Les honoraires du notaire sont réglementés par l'État. Ils représentent environ 1,5 à 2 % du prix de vente (dégressifs selon le montant). S'y ajoutent des droits d'écriture, de transcription et des frais divers, pour un total d'environ 2 à 3 % du prix.

TVA sur l'immobilier neuf

Pour les constructions neuves ou rénovées à neuf, c'est la TVA qui s'applique (et non les droits d'enregistrement) : 21 % sur le prix hors TVA. Il existe un taux réduit de 6 % pour les constructions destinées à la résidence principale depuis 2024 (sous conditions de superficie et de valeur), mais les conditions sont strictes.

L'acte de crédit se paie en plus, et il existe un moyen de le réduire

Beaucoup d'acheteurs budgètent l'acte d'achat et oublient le second acte notarié : celui du crédit hypothécaire. Il a ses propres frais, et il s'ajoute à tout le reste.

Le mandat hypothécaire est l'alternative que les notaires belges signalent et que les acheteurs venus de France ne connaissent pas. Vous donnez à la banque mandat de prendre hypothèque plus tard, si cela se justifie, par exemple en cas de défaut de paiement. Aucune hypothèque ne grève alors le bien, et les frais de notaire sont nettement réduits.

Demandez la comparaison chiffrée à votre banque

Certaines banques n'acceptent le mandat que pour une partie du montant emprunté, ou l'assortissent de conditions. Faites chiffrer les deux formules, inscription hypothécaire et mandat, avant de signer l'offre de crédit : l'écart se compte en milliers d'euros.

Environ 15 % du prix, mais presque rien pour le notaire

Les notaires belges le formulent ainsi : les frais d'un achat s'élèvent à environ 15 % du prix de vente, sauf taux réduit ou abattement sur les droits d'enregistrement. Et ils ajoutent aussitôt que seule une petite partie de cette somme leur revient.

L'essentiel part en droits d'enregistrement, c'est-à-dire en impôt régional. C'est pourquoi la région et l'usage du bien pèsent bien plus lourd sur votre plan de financement que le choix du notaire, dont les honoraires sont de toute façon réglementés.

Entre le compromis et l'acte, le notaire cherche

Ce délai n'est pas une formalité administrative. Le notaire mène des recherches fiscales, hypothécaires, urbanistiques et cadastrales, et c'est là que sortent les mauvaises surprises : une inscription hypothécaire à lever, une infraction urbanistique, une dette fiscale attachée au bien.

Si le bien est grevé d'une hypothèque, le notaire doit procéder à la mainlevée pour vous livrer un bien quitte et libre. La provision correspondante est demandée au vendeur, pas à vous, mais l'opération allonge le calendrier.

Vous n'êtes propriétaire qu'à la transcription

Le transfert de propriété opposable aux tiers ne se produit qu'au moment où le notaire transcrit le bien dans les registres du Bureau Sécurité juridique, ce qui n'est possible que par acte notarié. Le compromis vous engage, mais il ne fait pas de vous un propriétaire.

Le compromis de vente belge

Le compromis de vente (aussi appelé « acte sous seing privé ») est un contrat signé entre vendeur et acheteur avant la signature de l'acte authentique chez le notaire. En Belgique, le compromis est contraignant et irrévocable, contrairement à la promesse de vente française assortie d'un délai de rétractation de 10 jours. Il n'y a pas de droit de rétractation légal une fois le compromis signé (sauf clause suspensive d'obtention de prêt).

Le délai entre le compromis et l'acte authentique est généralement de 3 à 4 mois.

Prix de l'immobilier belge (2026)

Ville / zoneAppartement (€/m²)Maison (€/m²)Évolution 2023-2026
Bruxelles-Capitale (moy.)2 800 - 3 5003 000 - 4 200+4 % / an
Ixelles / Etterbeek3 200 - 4 2004 000 - 6 000+5 % / an
Uccle3 000 - 4 0003 500 - 5 500+4,5 % / an
Anvers centre2 800 - 3 8003 200 - 4 800+5 % / an
Gand centre2 500 - 3 5002 800 - 4 200+4 % / an
Bruges centre2 200 - 3 2002 500 - 4 000+3,5 % / an
Liège centre1 400 - 2 2001 400 - 2 200+3 % / an
Namur centre1 500 - 2 3001 500 - 2 500+3 % / an

Prix indicatifs. Le marché immobilier évolue rapidement. Consultez Immoweb.be pour les prix actualisés.

Consultez un notaire belge avant d'acheter

La Fédération Royale du Notariat belge (Notaris.be) propose un annuaire et des guides pratiques.

Trouver un notaire belge

Pour aller plus loin

Questions fréquentes sur l'achat immobilier en Belgique

Un non-résident peut-il acheter de l'immobilier en Belgique ?
Oui. En tant que ressortissant de l'UE (Français notamment), vous pouvez acheter de l'immobilier en Belgique sans restriction, que vous y viviez ou non. Les non-résidents ne bénéficient pas des abattements liés à la résidence principale (taux réduits des droits d'enregistrement).
Y a-t-il une taxe sur les revenus locatifs belges ?
Oui. En Belgique, les revenus immobiliers sont imposés sur la base du revenu cadastral indexé (une valeur forfaitaire fixée par l'État, généralement bien inférieure au loyer réel) majoré de 40 %. Ce système est avantageux par rapport à la France, où les loyers réels sont imposés. En revanche, si vous louez à une société, le loyer réel est imposé selon une autre règle.

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